Découvrez l'histoire derrière les "trois singes de la sagesse"​

Vous avez probablement déjà vu ces trois singes de la sagesse. L’un d’eux couvre ses yeux, l’autre, sa bouche et le troisième, ses oreilles. Aujourd’hui, ces gestes sont interprétés comme « ne pas voir le mal, ne pas entendre le mal, ne pas dire le mal ». Mais d’où viennent ces trois singes de la sagesse ?

Mais d'ou viennent ces trois singes de sagesse ?

Certains les pensent originaires d’Inde ou de Chine, d’autres, d’Égypte. La phrase « de ce qui est contraire à la bienséance, ne pas regarder, ne pas écouter, ne pas le dire » est attribuée à Confucius et remonte au IVe siècle av. J.-C., en Chine. Mais l’image des trois singes de la sagesse a probablement vu le jour au Japon. 

 

Plusieurs exemples d’images de singes datent de l’époque de Kamukara (1185-1333), comme des sculptures (Koshin-to) et des décorations en bois dans des temples japonais. Selon l’une des théories, la représentation des trois singes est apparue pendant l’époque de Muromachi (1336-1573), lorsque le Koshin (une croyance englobant le Shinto japonais, le taoïsme chinois, le bouddhisme et d’autres croyances secrètes et magiques) a gagné en popularité. 

En japonais, les trois singes sont appelés Mizaru pour l’aveugle, Kikazaru pour le sourd et Iwazaru pour le muet. Les Japonais aiment jouer avec des mots qui se ressemblent, mais qui ont une signification différente. Ils créent ici un jeu de mots avec zaru (forme verbale négative) et saru (singe). Il est intéressant de noter que « Saru » signifie également « partir », et peut être interprété comme une façon de faire fuir le mal.

La sculpture la plus célèbre des trois singes orne la surface d’une table sacrée du temple Nikkō Tōshō-gū, un site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Au total, on dénombre huit panneaux en bois probablement réalisés par Jongoro Hidari aux alentours de 1636, qui racontent l’histoire du « cycle de la vie ». Il se peut qu’il ait interprété les enseignements de Confucius sur l’un des panneaux.